samedi 29 mars 2008

Exposition à la Maison Rouge

Né en 1969 en Allemagne, Gregor Schneider expose au musée rouge Süber Duft "Doux parfum". Il explore pour la 1ère fois les caractéristiques d'un lieu public : celui des espaces d'exploration. Le parcours du visiteur se fait seul, évoluant dans un monde étouffant et coupé de toute vie pendant 10 minutes. Claustrophobes et cardiaques s'abstenir réellement...

Tout le long du parcours se succèdent des contrastes d'espaces étroits ou ouverts, sombres ou lumineux, bas ou hauts de plafond, anciens ou neufs, chauds ou froids... On éprouve de l'angoisse face aux salles que l'on explore, voire de la vigilance... (même si l'on prend conscience que nous ne sommes pas en danger et que nous ne risquons absolument rien, nous projetons dans cette oeuvre nos propres peurs et phobies).

Son travail est cependant aux antipodes de "l'esthétique relationnelle" dans laquelle une oeuvre produit des relations entre humains, très répandu dans l'art contemporain depuis une quinzaine d'années puisqu'il ne propose aucun échange social. Le visiteur signe donc une décharge, attend son tour, entre seul et ne doit pas revenir sur ses pas. Il devient le témoin solitaire de l'exposition de Schneider. Chaque salle renferme donc l'impression qu'il s'est passé un évènement, instillant davantage le malaise. En particulier, la dernière salle de l'exposition dont je ne vous dévoilerai rien car impressionnante...

Allez-y, vous ne serez vraiment pas déçu !

Nom : Maison Rouge
Tarif : 4 euros 50 pour les étudiants (6 euros 50 en temps normal)
Accès : 10 boulevard de la bastille M° Bastille (ligne 1, 5, 8)
Ouverture : du mercredi au dimanche de 11 à 19h, nocturne le jeudi jusqu'à 21h
Jusqu'au 18 mai !

vendredi 28 mars 2008

Six Feet Under - critique saison 1 -

Six Feet Under ou comment rire de l'absurdité de la mort. Pour une première saison, je dirai que c'est un sans faute que le créateur Alan Ball a réalisé. Le père Nathaniel Fisher, en pleine crise de la quarantaine en raison de l'achat de son corbillard flambant neuf, est sur la route de sa maison lorsque soudain il se fait percuter par un bus, alors qu'il cherchait l'allume-cigare de la voiture... Alors qu'il téléphonait à sa femme Ruth qui le mettait en garde contre les dangers mortels du tabac, celui-ci ne meurt pourtant pas d'un cancer du poumon mais d'une simple inattention au volant. Ainsi, le ton est lancé. Et nous observons le parcours des Fisher dans leur deuil et leur faculté à continuer à vivre leur vie malgré la perte du paternel. Ruth est désarçonnée : elle se sent coupable d'avoir commis un adultère et de ne pas en avoir parlé à son mari du temps de son vivant. Nate, l'aîné, revient de Seattle pour pouvoir examiner le corps de son père qu'il n'a sans doute pas vu depuis des années, et fait la connaissance d'une fille "Brenda" dans un aéroport. Leurs corps s'électrisent si vite qu'ils couchent ensemble dans une remise après avoir seulement échanger quelques phrases. Comme si Brenda présageait le malheur et la tristesse qui allaient s'abattre sur Nate quelque secondes plus tard avec le coup de fil de son cadet David lui apprenant le décès de son père. Claire, qui passe sa journée à consommer des stupéfiants entre copains, est déboussolée. Car non seulement son père est mort, mais ayant fumé un joint, elle ne ressent pas le moindre signe de tristesse que toute personne normalement constituée ressentirait dans un pareil cas envers son père. A cause de la drogue, elle plane.
Alan Ball nous montre comment une famille, même celle qui travaille dans les pompes funèbres comme les Fisher, possèdent la même gène, le même tabou que n'importe qui. Ils ont beau côtoyer la mort de près tous les jours, ils se retrouvent au final aussi paumés et aussi terrifiés que n'importe quelle famille. Qu'advient t-il de nous après un enterrement ? Devons nous recommencer à mener notre train-train ? Devons nous porter notre deuil pour laisser échapper plus facilement notre peine ?
Le caractère des deux frères (Nate et David), diamétralement opposé, se confronte après le drame qui s'est passé. L'un est discret et introverti, l'autre moral et extraverti. L'un demandera à se conformiser jusqu'au bout dans le rituel sobre et bien précis de l'enterrement catholique de son père, et l'autre n'accepte pas qu'on ne puisse pas se révolter, même lors de funérailles. C'est ce que nous montre une scène dans le pilote : la mère Ruth ne se contient plus, et sur les conseils de son fils aîné explose de pleurs et jette de la terre par poignées sur la cercueil de son défunt mari. David est stupéfait de l'attitude de son aîné, qui après avoir passé des années sans contact véritable avec sa famille, se permet de lui attribuer le mauvais rôle...
Chaque épisode de la série (et donc de cette saison 1) commence par la mort de quelqu'un. Une mort idiote comme une mort injuste. On part de la star du X qui se fait électrocuter dans sa baignoire à la mort subite d'un nourrisson. L'idée, c'est que la mort frappe tout le monde et n'importe quand. Ainsi Alan Ball réussit le pari énorme de divertir le spectateur à partir de situations parfois cocasses, parfois dérangeantes (mais jamais morbide ou de mauvais goût) et dont le thème principal est la mort, notre peur la plus ultime, celle de mourir un jour...
La mort n'est qu'une toile de fond. Car plusieurs thèmes sont abordés. Comment vivre en couple quand nos caractères sont à l'opposé mais lorsque nos corps ne résistent pas à leurs attractions ? Brenda, que Nate continuera de voir (pour notre plus grand plaisir), est en deux mots géniale et névrosée. Elle a longtemps souffert de l'avis médical de ses propres parents, tous plus allumés les uns que les autres, car psychiatres. Ils voient en leur fille une personne surdouée et donc un moyen de se faire connaître des gens en la commercialisant. Elle est instinctive, allumée, et ne supporte pas de mener une vie rangée bien conformiste. Nate, c'est tout le contraire. Il a été élevé dans une sorte de puritanisme (qui n'est qu'un trompe l'oeil quand on sait que le cadet est homosexuel, que la benjamine fume des pétards et que la mère commet un adultère), et se remet toujours à sa bonne vieille morale. Pour David et Keith, c'est tout autre. Keith ne supporte pas le caractère passif de David, qui a bien du mal à supporter son homosexualité, à cause du regard des autres, du jugement de sa famille, du jugement de l'Amérique...
Une saison 1 donc excellente qui nous met en face à nos propres peurs et qui désacralise la mort comme étant un phénomène naturelle auquel personne n'échappe. Les 13 épisodes décrivent les relations humaines comme elles sont bien compliquées. On en tire donc des leçons à chaque épisode, et on en sort grandit petit à petit.

jeudi 27 mars 2008

Okami (狼-大神): le test !

Jouabilité 5/5
Le système du pinceau est d’une grande trouvaille, et la jouabilité, enfantine.

Graphismes 5/5
On est choqué devant tout le savoir-faire qu’à fait preuve les studios Clover : l’univers que propose Okami est d’une beauté aussi surprenante que raffinée. Nageant totalement dans des estampes japonaises, le style convient parfaitement à l’univers. On profite donc de cette petite exception dans le monde vidéo-ludique et on savoure sans modération.

Son 4/5
Les voix yaourtes, bien que légèrement stressantes, sont de bonne facture car correspondent à l’esprit du jeu. Et le travail sur la musique est titanesque : pas moins de 5CD englobent la bande son de Okami : les unes toutes plus merveilleuses que les autres. Une véritable invitation au voyage dans le Japon ancien.

Durée de vie 5/5
On ne veut plus nous faire quitter le jeu tellement l’aventure proposée est riche en rebondissements et en découverte. Y’a pas de mal à se faire du bien !

Le meilleur
Un jeu à part, subtil, propre et exceptionnel !

Le pire
Une caméra un peu capricieuse.

Cet OVNI qu'est Okami restera longtemps dans les mémoires. Pour peu que vous soyez attiré par la culture japonaise, foncez ! On est carrément subjugué par ce monde étonnant que nous offre Clover. Il réussit un sans faute total. Mêlant poésie, couleurs pastelles, héroïsme et aventures, Okami n'est comparable à aucun autre jeu tant l'expérience proposée est digne des plus grandes productions cinématographiques.

19/20

La photo du jour

Ahhhh les geisha (芸= art 者= personne)... Enfin, le terme exact est maiko ici, c'est à dire des apprentis geisha. La geisha, la vraie, est invisible aux yeux de tous. Ici, c'est une chance énorme que de rencontrer ne stresse qu'une maiko car elle ne sort qu'au mois d'avril à l'occasion de la floraison des cerisiers. Faîtes donc le calcul : 1 mois / 12. C'est si rare, que même le japonais lambda sort son appareil photo pour les mitrailler en long en large et en travers (les pauvres !). Heureusement que les flash ne font pas couler leur maquillage :) Cette tronche après... E.T sur son retour...
Quoiqu'il en soit, c'est un honneur pour moi que d'avoir réussi à les photographier. Je poste cette image surtout pour abattre les vieux clichés de l'occidental moyen, à savoir qu'une geisha ne doit absolument pas être vu comme une prostituée ! (Sortez ça dans une conversation au Japon et vous vous ferez très peu d'amis !). Une geisha comme son idéogramme l'indique, est une personne artistique. Commençant très tôt (dès l'adolescence) leur formation, elles doivent apprendre à cuisiner, à converser sur n'importe quel sujet de discussion (allant de la politique à la poésie), à distraire, à savoir servir le thé, à danser....Bref, beaucoup de choses... Et non ! Un client (que les fortunés hélas) peut demander les biens d'une geisha sans forcément lui faire l'amour ! Être geisha, c'est représenter la beauté flottante et secrète du Japon d'antan, et être un conservateur des traditions ancestrales. Eh bien, ce n'est pas rien !
Banzaï !

mercredi 26 mars 2008

Ma journée

Aujourd'hui mercredi 26 mars.

Je me lève.

Je prends mon petit déjeuner.

Je me douche.

Je travaille mes cours.

Je sors pour aller à la bibliothèque.

Je travaille mes cours.

Je vais à l'université.

Je prends le métro.

Je boit un café. Et je lis le journal.

Je vais à mon cour.

Je ressors de mon cour.

Je retourne chez moi.

Et si le quotidien était un moyen de voir de l'extraordinaire dans de l'ordinaire ?

Aujourd'hui mercredi 26 mars, cinquième jour du printemps.

Je me lève, le rayon matinal perçant mon rideau jaune.

Je prends mon petit déjeuner, lait chaud et tartines de confiture à la fraise.

Je me douche, Julee Cruise chantant derrière ma cabine.

Je travaille mes cours en m'imaginant être près d'une île déserte, mon bureau perdu en pleine mer.

Je sors pour aller à la bibliothèque, et sur le chemin, le vent me décoiffe. Les gens semblent être pris d'une frénésie de chanter.

Je travaille mes cours en retournant sur mon île déserte.

Je vais à l'université, et je regarde des arbres avec des fleurs à son pied. Les trottoirs semblent envahis de tulipes. Il n'y a plus de voitures aux alentours.

Je prends le métro, et je me met à imaginer la vie de chacun autour de moi.

Je bois un café comme celui que mamie fait si bien, et je lis le journal en épiant certaines personnes comme dans les grands policiers.

Je vais à mon cour de sorcellerie.

Je ressors de mon cour, et je regarde le ciel, plus noir que jamais. Il est 20h.

Je retourne chez moi sur mon cheval et parcoure tout Paris sur son dos.

Et pourquoi pas ?

Six Feet Under générique

Et si c'était vrai ?

Je ne dévoilerai rien de la source de cette image. Mystère, mystère ! Il y aura que les connaisseurs.

Et petite dédicace à miss Adeline :
"La semaine dernière, je suis allé manger dans ce café à gauche de la photo (que j'ai prise sur le toit !). C'était génial : le jeu des éclairages entre réverbères bougies et obscurité de la nuit invitait à planer. Le repas était délicieux : j'ai pris un Sora menu ! (prix raisonnable !). La prochaine fois, nous irons ensemble ? J'ai hâte !" Puis ensuite, nous irons voir Gepetto XD !"

Bien à toi,
Monseigneur